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Problèmes de fentes et d’éclatement du bambou, et comment les résoudre ?

Une synthèse d’informations glanées sur le sujet

Le 13 Palotin 132 - Esquive de St Léonard (de Vinci), illusioniste , par EricW

Aussi bien pour la clarinette en bambou que pour le sax soprano, j’ai eu des soucis avec les bambous qui se fendaient. J’ai réussi à réparer mais au détriment de l’esthétique des instruments, et surtout je me demande si un de ces jours le même problème ne va pas ressurgir. Il devenait donc urgent pour moi de comprendre ce qui se passait et de trouver des solutions

Introduction

La clarinette et le sax en bambou que je vous ai déja présentés ont tous les deux au des problèmes de fente, voir d’éclatement presque complêt du bambou. Ce problème restait pour moi incompréhensible dans la mesure ou le séchage était réalisé correctement. Dans le cas de la clarinette, la perce avait été saturée d’huile d’amande douce. Je pensais naïvement que saturer la perce en huile constituait une barrière efficace à la vapeur d’eau. Devant la persistance de ces problèmes, j’ai fait quelques recherches pour essayer de mieux comprendre ce qui se passait, et il s’avère que mon approche du problème était complètement fausse, d’où des solution inadéquates et une protection inopérante. Je vous propose donc de partager un peu le fruit de mes lectures sur les problèmes d’éclatement du bois en général, et du bambou en particulier.

Une grande partie de ce qui est écrit ici provient majoritairement des sites suivants :

- www.navaching.com
- www.dotapea.com

Le tout est repris avec des ajouts liés à ma propre compréhension des phénomènes décrits.

Je ne prétends pas à l’exhaustivité de l’information sur les problèmes d’éclatement et des moyens employables pour l’éviter. Simplement j’ai essayé de compiler ce que j’ai glané ça et là et qui me parraisait cohérent. Si vous voyez des inexactitudes dans ce qui suit, signalez les moi, je suis toujours intéressé par des informations et des connaissances plus exactes que les miennes.

Note du 1er Février 2009 : j’ai fait une petite révision de cet article pour le caler sur tout ce que j’ai appris depuis sur le sujet.

Pourquoi le bambou se fend-il ?

le fait qu’un instrument à vent se fende ou pas dépend de pas mal de paramètres mais principalement de l’équilibre de l’humidité dans le bois. Si la répartition de l’humidité est trop déséquilibrée entre l’intérieur et l’extérieur, une fente se forme. Le fait que dans des conditions identiques un morceau de bambou va se fendre et pas un autre dépend essentiellement de la dureté et de la vitesse de transmission de l’humidité. Le bambou contenant beaucoup de silice, la dureté varie d’un chaume à l’autre.

Malgré le fait que le bambou ne soit pas un bois (mais un chaume), les deux se comportent de la même façon dans beaucoup de situations : ils peuvent être cintrés, ils sont hygroscopiques, ils sont structurés par des cellules de type identique, ils contiennent de la lignine, ils peuvent se fendre, etc. Tant qu’on regarde les choses du point de vue de l’ingéniérie et du travail de ces matériaux, on peut les considérer comme similaires. Bien sûr, la structure physique des deux matériaux est très différente.

Les caractéristiques d’un chaume changent avec son age. Au fur et à mesure de sa croissance, le chaume perd de son humidité, les parois se renforcent et la plupart du sucre se transforme en amidon. Quel est donc l’age idéal du bambou pour en faire des instruments ? Les bambous ayant poussé sur des sols pauvres, des climats plutôt frais sont probablement meilleurs.

Comment faire fendre un instrument ?

Pour commencer, un fait simple : l’apport d’humidité fait gonfler le bois, alors que la suppression d’humidité le fait se contracter. Considérons l’exemple de la figure 1, comprenant un morceau de bois plein et un morceau de bois creux. Dans le cas du morceau plein, la vapeur d’eau ne peut s’échapper que par la surface extérieure. De ce fait, la surface externe se contracte toujours plus vite de la surface intérieure. Dans le cas du tube, la vapeur peut s’échapper aussi bien par l’extérieur que par l’intérieur. Si l’épaisseur de la paroi est très fine, l’aire des surfaces internes et externes est quasiment identique, et donc la contraction est quasiment la même. Le morceau solide a tendance à se fendre alors que le morceau creux non.

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Fig. 1 : cylindre de bois plein et cylindre creux

Nous venons de mettre à jour un principe fondamental : Le morceau plein se fend et le morceau creux ne se fend pas. Dans le cas du morceau plein, le séchage (la contraction) est très inégale alors que dans le cas du tube, les contractions externes et internes sont presque identiques. Donc, ce n’est pas le séchage qui engendre les fentes, c’est la contraction (ou l’expansion) non homogène. La compréhension de ce principe permet d’éviter la plupart de fente sur les instruments (si j’avais su ça plus tot !). Si le bois d’un instrument perd (ou gagne) de l’humidité à un taux uniforme à l’intérieur et à l’extérieur, il ne se fendra pas (il ne peut pas se fendre).

Comment assurer un séchage homogène ?

Il faut s’arranger pour que les surfaces internes et externes laissent passer la vapeur d’eau de façon similaire. Une solution encore meilleure consiste à faire en sorte que les surfaces internes et externes soient toutes deux fortement imperméables à la vapeur d’eau. De cette façon, qu’importe que l’instrument sèche au cours du temps, tant que la contraction est lente et homogène. Donc, la meilleure chose à faire n’est pas d’acheter des produits humidifiants et de contrôler en permanence l’hygrométrie de l’instrument, mais d’appliquer une bonne barrière à la vapeur à l’intérieur et à l’extérieur de l’instrument ou, à défaut, un bon frein à cette vapeur. À partir de la, plus besoin de se poser de question, vous pouvez emmener l’instrumetn n’importe ou dans n’importe quelle condition d’hygrométrie et de température, les deux surfaces transmettant de façon égale la vapeur d’eau, en évitant ainsi les contractions et les expansions non uniformes.

Parmi les produits utilisables pour créer une barrière à la vapeur, on trouve les huiles, qui sont les produits traditionnellement utilisés. Aujourd’hui, pour les hautbois ou les clarinettes, les huiles de perce utilisées sont souvent à base d’huiles minérales et d’additifs. J’avoue ne pas savoir quels genre d’additifs sont utilisés, si ce n’est qu’il s’agit de produits hydrofuges [1]. Ici, j’essaierai de vous décrire comment utiliser des huiles naturelles, utilisées depuis longtemps pour les instruments en bambou, comme les shakuhachis japonais.

Ajout, Février 09 : Dans les faits, une huile ne crée pas une barrière étanche à la vapeur, mais elle freine efficacement le passage de celle-ci, régulant ainsi la vitesse de changement d’hygrométrie entre intérieur et extérieur. Des dires d’un spécialiste, la seule barrière à la vapeur efficace est le PTFE (le téflon autrement dit).

Les huiles

Nous avons vu précédemment que l’important était de créer une barrière ou un frein efficace à la vapeur d’eau sur la surface intérieur comme sur la surface extérieure. L’huile en soi ne va pas empêcher un instrument de se fendre, les paramètres engendrant les fentes étant multiples. Cela tord le cou à une idée fausse et répandue comme quoi huiler une flûte (ou une clarinette, etc.) l’empêche de se fendre.

Enduire un instrument d’huile d’olive (si, si j’ai déjà vu trainer ce genre de « recommandation » pour des flûtes à bec) est probablement la dernière chose à faire. Comme nous le verrons plus loin, l’huile d’olive est très mauvaise comme barrière à la vapeur. Elle va pénétrer dans le bois, mais elle n’empêchera pas l’eau de rentrer. Oubliez aussi l’huile d’amande douce, elle ne vaut guère mieux. (j’en ai fait la cruelle expérience). Je vais peut être me répéter mais en même temps cela me permet d’introduire un nouvel élément : il ne s’agit pas d’imprégner complètement le bois (ou le bambou), mais de créer une barrière.

Un certain nombre d’huiles on la propriété de sécher (de siccativer en fait), pour former un film adhésif et résistant, soit par elles même soit avec l’aide d’un catalyseur. Ces huiles ne « sèchent » pas au sens commun du terme, c’est à dire par évaporation d’un ingrédient volatile, mais par oxydation, autrement dit par absorption d’oxygène. C’est pour cela que nos amis chimistes préfèrent utiliser le terme siccativer, et non pas sécher. Le processus de siccativation s’accompagne d’un certain nombre d’autres réactions chimiques, et le film sec qui en résulte est une nouvelle substance dont les propriétés physiques et chimiques diffèrent de l’huile à l’état liquide d’origine.

On distingue deux types fondamentaux :

- Les huiles saturées, qui sont incapable de passer à l’état solide. Leur propriété de saturation fait qu’elles ne se mêlent pas à d’autres corps.
- les huiles insaturées, qui sont des huiles liantes, et qui ont la priopriété d’être siccatives.

L’insaturation d’un corps gras dépend du nombre de doubles liaisons qu’il contient. Une huile monoinsaturée (une seule double liaison) est semi-siccative, une huile biinsaturée (deux doubles liaisons) est siccative et une huile triinsaturée (trois doubles liaisons) est hyper siccative. Dans les faits, d’autres facteurs jouent sur la siccativité, tels la présence d’autres corps, la forme des molécules et la position des doubles liaisons dans les chaînes moléculaires.

Il est aussi possible d’ajouter des substances apportant de l’oxygène supplémentaire. Il s’agit de métaux oxydés tels que le plomb, le manganèse, le cobalt, le zirconium et d’autres matières non métalliques appelées siccatifs.

Toute huile naturelle est composée de proportions variées de corps gras. Les acides les plus courants dans les esters sont l’acide linoléique, très présent dans l’huile de lin, ainsi que ses isomères dont l’acide linonénique et l’acide oléique, nettement plus saturé. Notons qu’une huile qui siccative vite ne donne pas nécessairement un film solide.

L’acine linoléique et ses isomères ont la propriété de se combiner spontanément avec l’oxygène de l’air pour amorcer une chaîne de réactions qui se termine avec la conversion en une pellicule dure, insoluble, durable, étanche à l’eau et plastique connue sous le nom de linoxyne (oui oui c’est avec ça qu’on fait le linoléum !).

La table ci-dessous liste les huiles accompagnées de leur « valeur de iodine » qui est un indicateur chimique indiquant le pouvoir siccatif d’un huile. Les huiles non siccatives ne durcissent jamais et restent souples et gommeuses.

Huiles siccatives Huiles semi-siccatives Huiles non siccatives
Lin - 179 Maïs - 123 Pépins de raisin - 100
Abrasin - 168 graine de coton - 106 Abricot - 100
Noix - 145 sésame - 106 Amande - 95
Carthame - 141 faine - 104 Arachide - 93
Pavot - 135 Camélia - 83
Soja - 130 Olive - 81
Tournesol - 129 Palme - 54

A partir de là, quelle huile utiliser ? Les choix qui semblent s’imposer sont l’huile de lin et l’huile d’abrasin, encore appelée huile de Tung, ou de Toung ou de Tong. On peut parfois la trouver sous le nom « huile de bois de chine » mais il semblerait que parfois il ne s’agisse pas exactement du même produit. Il y a visiblement pas mal de controverse sur la terminologie concernant cette huile si on en crois ce site. En tout cas elle est difficile à trouver. Je suis sur la piste de quelques fournisseurs dont je vous reparlerai dès que je me serai assuré de la composition exacte des produits vendus. Il semblerait qu’on puisse en trouver des formes polymérisées. En revanche, si on en crois cet autre site, il s’agit de l’huile traditionnellement utilisée pour les shakuhachi, quoi que l’auteur cite aussi l’huile de noix et l’huile de lin comme alternatives viables (en terme de pouvoir siccatif).

Traditionnellement, l’huile de lin est l’huile de prédilection pour la peinture à l’huile. L’huile d’abrasin est plutôt utilisée pour la finition du bois. Ces deux huiles se trouvent dans le commerce sous forme polymérisée ou non, quoi qu’il soit visiblement assez difficile de trouver de l’huile de lin non polymérisée. L’huile de noix semble se trouver uniquement sous forme non polymérisée.

La différence entre les huiles polymérisées (en fait partiellement polymérisées) et les huiles non-polymérisées est que les premières sèchent plus vite. Une huile polymérisée sèche en 10 à 24 heures environ. Une huile non polymérisée met environ 75 à 90 jours. De plus, les huiles non polymérisées on besoin de lumière pour siccativer. Des instruments huilés puis rangés ne vont pas arriver à siccativer correctement. Les bonnes conditions de siccativation sont :

- température de la pièce ;
- humidité « normale » ;
- lumière substantielle (mais indirecte).

Une exposition directe aux rayons du soleil est néfaste. Le film risque de siccativer trop vite et de craqueler.

D’ue façon générale, utiliser une huile ayant une valeur de iodine inférieure à 140 ne sert strictement à rien : l’huile ne siccativera jamais suffisamment pour créer une barrière à la vapeur efficace.

Et maintenant, les mauvaises nouvelles : parmis les trois huiles qui semblent bien se prêter à la mise en place d’une barrière à la vapeur, seule l’huile d’abrasin est viable. Laissez tomber les deux autres. De plus, il faut en appliquer plusieurs couches. Quoi qu’il en soit, même l’huile d’abrasin n’arrivera jamais à la cheville d’un vernis (alkyde, phénolique ou polyuréthane) pour ce qui est de constituer une barrière à la vapeur.

Quoi qu’il en soit, une finition huilée exécutée correctement doit durer une dizaine d’années environ.

Fabriquer un « fentomètre »

Voici un truc utile que vous pouvez utiliser avec un maximum d’efficacité si vous construisez vous même votre instrument. Il faut prélever sur le bambou qui a servi à construire l’instrument un anneau (1 ou 2cm de long, c’est largement suffisant). Ensuite, appliquez lui les mêmes traitements que ceux que vous avez appliqués à l’instrument sur la surface intérieure comme sur la surface extérieure. Fendez le, puis conservez le avec votre instrument. L’évolution de la fente sera pour vous un indicateur des tensions présentes dans le bois de votre instrument. Si la fente est étroite, c’est que l’instrument n’est pas soumis à beaucoup de tensions. Au contraire, si la fente s’élargit, c’est que l’instrument subit de fortes tensions, et les chances qu’une fente apparaisse sur celui ci sont d’autant augementées. Dans ce cas, c’est peut être que votre barrière à la vapeur est inefficace, au moins sur une des deux surfaces.

En guise de conclusion

Le principe de base à retenir est que la raison qui pousse le bambou à se fendre est la variation d’humidité non homogène. À partir de là, la meilleure approche pour empêcher ce phénomène est de s’assurer que la paroi intérieur et la paroi extérieure échangent l’humidité avec le milieu ambient à une vitesse similaire. Pour cela, vous avez le choix entre les finitions huilées, uniquement en utilisant l’huile d’abrasin ou l’huile de lin qui sont les seules huiles siccatives qui se comportent correctement comme barrière à la vapeur (encore une fois elles n’assurent pas non plus une étanchéité à la vapeur complète), ou les finitions vernies (polyuréthane, phénolique ou alkyle).

De ce que je retiens en tout cas, hors de ces solutions point de salut, et les solutions parfois entendues et à éviter sont :
- huiles non siccatives (olive, amande, ...) : jamais ! Elles n’offrent aucune protection à la vapeur, et ne protègent rien du tout puisqu’elles ne sont pas siccatives.
- contrôler en permanence l’hygrométrie de l’instrument : non ! L’apparition de fentes n’est pas due à l’hygrométrie du matériau mais à une variation non homogène de l’hygrométrie.

Que cela ne vous empêche pas de bien essuyer l’instrument après usage, pour éviter justement une stagnation d’humidité dans la perce, pouvant éventuellement entrainer une variation de l’hygrométrie non homogène avec l’extérieur (particulièrement avec une finition huilée en fin de vie).

Voila. Y’a plus qu’à quoi. Je vous tiendrai au courant dès que j’aurai récupéré de l’huile d’abrasin. Je ne vais pas encore tenter les vernis car d’une huiler la perce me parrait plus facile que de la vernir, et d’autre part j’aimerai voir si un composant naturel offre une protection suffisante, auquel cas je préfère m’en tenir là plutôt qu’utiliser des produits chimiques.

Ajout, Février 2009 : suite à l’écriture de cet article, j’ai commencé à utiliser l’huile d’abrasin sur mes instruments en bambou. À partir de là je n’ai plus jamais eu de problèmes de fentes.

Notes

[1] Ernest Ferron, « Clarinette mon amie », IMD éditions

43 Messages de forum

  • la cire c’est un bon truc aussi...

    Nicolas

    • Bonjour

      Dans le cas de bambou utilisé en ameublement, sûrement. Je me placais dans une utilisation en facture instrumentale (instruments à vent). C’est pas vraiment les mêmes contraintes. La cire ne tiendra pas bien longtemps dans les conditions d’humidité et de température d’un instrument à vent. Il faudrait renouveler l’application beaucoup trop souvent (en plus, cirer l’lintérieur du tuyau, bonjour !).

      Par contre ce que je fais maintenant, c’est qu’après avoir passé de l’huile de tung à l’intérieur et à l’extérieur de l’instrument (trois couches mini), je fais un cirage extérieur. En effet, l’huile de tung, une fois qu’elle a siccativé, laisse un film très mat, j’aime moyennement. Je prépare donc un mélange : une part de thérébentine pour une part de cire d’abeille naturelle et je polis l’extérieur de l’instrument avec ça. Ça ne détruit pas le film d’huile siccativée, mais ça rend un aspect satiné au bambou.

      Eric

      • Eh bien merci pour ces renseignement.

        Mon problème est sportif !!!!!

        Je prends des des cannes de bambou pour faire des perches de 2,50 m ,légères et robustes,destinées a l’initiation du saut a la perche.

        Je suis a l’ile de la Réunion,et je ne manque pas de « matière » pour mon projet .

        Si vous avez des infos,j’aurais besoin de quelques conseils au sujet de la période de coupe(montée descente de la lune),du mode de séchage,et éventuellement d’un produit a apposer pour les conserver.

        Merci

        P Foulquier

        • Je manque à tous mes devoirs de maître des lieux moi ces temps ci, je n’avais même pas vu ce message ...

          Effectivement à La Réunion, trouver du bambou ne doit pas être un gros problème.

          Pour la période de coupe, je connais quelqu’un à Mayotte qui en utilise pour gréer une jonque, donc il lui faut des bambous costauds, et il les coupe en hiver (hiver pour vous autres de l’hémisphère sud, donc été pour nous). Par contre je ne sais pas s’il fait ça à la lune montante ou descendante.

          Eric

          • bonjour.
            j’aimerais savoir à partir de quel moment la fissure est dangereuse pour le bambou,car j’utilise une flute traversière en bambou brulé,renforcée par des ligatures,mais sur laquelle sont apparues de très minces fissures mais également longues.j’aimerais savoir si le phénomène se stabilise ou si cela peut s’aggraver et s’il faut que je la ramène chez le facteur.
            merci
            j

            • Bonjour

              Difficile à dire comme ça. Il faudrait que je puisse voir. Quelques questions pour essayer de cerner l’ampleur du problème :

              • en quoi sont faites les ligatures ? (métal ? autre chose ?)
              • les fentes traversent-elles ?
              • en combien de temps se sont développées les fentes
              • comment stockes-tu l’instrument quand tu n’en joue pas ?
              • essuies-tu bien l’instrument à chaque utilisation ?

              Après, ça peut très bien ne pas bouger comme ça peut se fendre complètement d’un coup ...

              Eric

              • eh bien en fait,mes ligatures sont de simples fils,enroulés autours de la flute.les fentes ne traversent pas encore.elles ont l’épaisseur d’un ongle et s’arrètent aux ligatures,mais il y en a encore deux qui sont apparues depuis hier.en ce moment,je joue beaucoup avec mais je l’ai eue il y a une semaine,et à chaque fois que j’ai finis de jouer je l’enveloppe dans un tissu et la range dans mon armoire.je ne l’essuie pas après avoir finis de jouer car j’avais entendu par un ami que la salive n’abime pas le bambou et contribue à roder l’instrument...

                • Bonjour

                  Aïe, la situation est plus grave que ce que je ne l’imaginais.
                  Si vous n’arrêtez pas immédiatement c’en est terminé de votre flûte (si ce n’est pas déjà trop tard).

                  Pour commencer, votre ami aura été de très mauvais conseil, puisqu’en laissant l’eau de condensation dans la perce après avoir joué, vous avez grandement contribué à l’amorçage des fentes : en effet, l’intérieur de la perce reste humide alors que l’extérieur est sec : la différence hygrométrique important génère des tensions dans l’épaisseur du bambou, ce qui crée les fentes. Notez au passage que l’humidité présente dans la perce n’est pas de la salive mais de l’eau de condensation provenant de l’humidité contenue dans votre souffle.

                  Il faut toujours sécher un instrument à vent après usage !!! Toujours !!!, et particulièrement quand il est en phase de rôdage. Après séchage à l’écouvillon, il est même conseillé, au moins les premiers temps, de le laisser finir de sécher à l’air libre avant de le ranger.

                  En enfermant votre instrument non séché vous avez aggravé le phénomène.

                  Je crains que l’accident ne soit difficile à rattraper. Une fois qu’un bambou est apparu, il est difficile, voire impossible, de l’arrêter de fendre. On peut éventuellement colmater la fente à l’aide d’une résine (une résine époxyde fait l’affaire), ou de colle cyanoacrylate si la fente n’est pas « ouverte ». On peut aussi ajouter des ligatures pour prévenir l’ouverture supplémentaire des fentes.

                  Quoi qu’il en soit, séchez votre instrument, il n’y a plus que ça à faire.

                  Eric

                  • j’ai renvoyé ma flute chez le facteur, qui m’a dit que c’était réparable.je vous remercie pour tous vos conseils et,à l’avenir,j’essuirais ma flute avant de la ranger.
                    amicalement,
                    J

                    • De mon coté j’ai un peu sans vergogne opté pour la chimie en utilisant un vernis a base de polyurethane en aerosol. Bon pour la perce ca ne semble a priori pas tres commode, et pourtant l’aerosol semble bien se diffuser, puisque pulverisée par le pavillon il ressort quasi idem par l’embouchure. J’en deduis que le produit se depose a peine et sans stagner et/ou couler. Nonobstant et pour dire vrai je n’en suis qu’aux essais. Je compte plusieurs fois legerement re-poncer et repeter l’operation.
                      Idem á l’exterieur.
                      Qu’en pense-tu ?

                      • Pourquoi pas ?

                        Les vernis PU sont parfois utilisés en lutherie. Je sais que les luthiers « à corde » leur reprochent une tendance à étouffer la vibration des caisses (ils sont utilisés plutôt pour les grattes électriques), mais pour nous autres soufflants le problème est différent : à priori le matériau de l’instrument n’est pas là pour vibrer.

                        J’avais pensé à ce genre de verni pour mes instru, mais j’avais envie de trouver quelque chose de non-synthétique, c’est pour ça que je suis parti sur les huiles. Et ma foi j’en suis fort satisfait.

                        Mais je suis vachement intéressé par les résultats que tu pourrais avoir avec les vernis PU : dans le court terme, j’aimerai bien voir le rendu (genre des photos sans flash, en lumière naturelle), et dans le long terme.

                        Ma crainte pour le long terme est double :
                        - jaunissement, inhérent à tous les vernis (à cause des UV)
                        - quand c’est mort, comment restaurer sans bousiller l’instrument ?

                        Eric

                        • Bonsoir.Je viens de me mettre au bansuri et mon instrument a été traité (il me semble, il parait légèrement verni, je pense qu’il a été huilé) mais les veines du bois me paraissent profondes et ressemblent à des toutes petites fentes.
                          Est-ce que je peux le rehuiler par précaution avec de l’huile de thung ou cela ne sert à rien , et si oui comment dois-je procéder pour huiler l’interieur et les trous( qui sont brulés). De plus, comment faire sécher l’instrument correctement et l’instrument peut il être joué pendant cette periode ? Merci !!

                          • Bonjour.

                            Dans la mesure ou l’instrument n’a pas de clés, le rehuiler est très simple. Pour l’extérieur il suffit d’imbiber légèrement un chiffon et le frotter le corps de l’instrument jusqu’à ce qu’il soit uniformément recouvert. Pour l’intérieur le mieux est de trouver une baguette de bois ou une tige métallique (attention à ce que le bout ne soit pas agressif), d’entourer une bande de tissu non pelucheux autour, de l’imbiber d’huile et de passer le tout à l’intérieur. Pour les trous je ne sais pas quel est leur diamètre, mais pourquoi ne pas utiliser un coton tige ?

                            Sinon huile de lin ou huile de tung.
                            Attention à prendre de l’huile de lin naturelle, sans siccatif additivé, car les siccatifs sont souvent à base de métaux lourds, toxiques donc.

                            Il faut laisser l’instrument à la lumière du jour (pas au soleil non plus), le temps qu’il « sêche » (qu’il siccative en fait. Personnellement au bout de deux-trois heures je repasse un chiffon sec pour enlever le surplus d’huile.

                            L’huile de tung a l’avantage de siccativer relativement vite (72h environ), au contraire de l’huile de lin (compter une dizaine de jours).

                            Une fois que l’huile a siccativé, recommencer le processus (trois couches minimum).

                            Par contre, surtout ne pas jouer l’instrument pendant le traitement !!!!

                            Eric

                            • bonsoir,
                              Merci pour ces infos qui me seront très utiles !
                              Cependant l’une de mes questions n’était pas très bien posée :
                              Par rapport au séchage, je voulais savoir si l’instrument devait être pendu, debout, ou couché par exemple,ou si cela était égal.
                              Ce traitement va t-il « améliorer » le son ou juste la solidité du bois ?
                              Je viens de me trouver de l’huile de thung( par le lien que vous recommandez-au passage ce site est vraiment super !) je vais donc tester tout ça !
                              Pour ce qui est du nombre de couches à appliquer, peut on renouveler le processus plus de 3 fois ou cela devient il inutile ou bout d’un certain point ?
                              Par ailleurs j’avais une question à vous poser qui n’a rien avoir avec ce topic, mon bansuri a été fabriqué en inde par un facteur nommé Anand Dhotre. Connaissez vous ce luthier ou pas du tout, et si oui fabrique t-il de bons bansuris ?(je ne suis qu’à un niveau très débutant et je ne pense pas pouvoir juger de cela pour l’instant).
                              Je sais que toutes ces questions paraissent très puériles et d’une ignorance consternante, mais c’est un sujet sur lequel il est très dur de se documenter, je trouve que vous faites un super travail d’information !
                              Merci pour ce que vous faites et merci de m’avoir répondu !
                              Viv.

                              • Bonsoir

                                Désolé j’ai un peu trainé à répondre.

                                Alors, pour ce qui est de la position de séchage : qu’importe, pourvu que vous la changiez régulièrement de façon à ce que la lumière entre partout (c’est la lumière qui provoque la réaction de siccativation de l’huile).

                                Pour le nombre de couches : à mon avis 4 c’est parfait, au delà je doute que ça serve à quelque chose.

                                Quand aux luthiers fabriquant des bansouris, je serai bien en mal de vous répondre : je n’y connais absolument rien en bansouris.... Désolé.

                                Eric

        • Le bambou se coupe 3 jours avant la pleine lune ou maximum 3 jours après la pleine lune

  • Bonjour,

    Excusez-moi de me montrer un peu brutal dans ma réponse, mais je n’ai jamais rien entendu de plus faux que ce qui vient d’être dit. D’une manière générale, on utilise JAMAIS d’huile de lin pour des instruments de musique. Pour des volets ou des portes tant que vous voulez, mais par pitié ne flinguez pas vous flutes, haubois ou autres instruments avec cette saleté, autant prendre une peinture ou un verni glycérophtalique et « peindre » votre instrument.
    Les huiles ne servent pas à empêcher l’humidité de rentrer, mais servent à permettre aux fibres du bois de « bouger » l’une par rapport à l’autre et ainsi rendre l’instrument plus « souple ».
    Dans un autre registre, n’importe quel facteur d’instrument vous réparera votre instrument s’il a été traité correctement (huile d’amande, bore oil ou n’importe quelle huile non siccative) en revanche il vous enverra paitre s’il s’aperçoit que vous l’avez traité à l’huile de lin.

    C’est un scandale de véhiculer des conseils aussi erronés (et universellement reconnu comme tel). Mon conseil : Si vous achetez un instrument faite le toujours chez un facteur d’instrument, banissez EBay, les grandes surface et autres. Demandez lui par écrit comment entretenir votre instrument. S’il vous dit d’utilisez de l’huile de lin, c’est un charlot... fuyez !!

    • Excusez moi d’être brutal en retour, mais les maisons comme Selmer (qui ne sont pas, il me semble, des charlots), traitent tous leurs bois, et notamment ceux des clarinettes, à l’huile de lin. Ils l’expliquent très bien ici :

      http://www.selmer.fr/html/french/fa...

      Je n’ai pas pour habitude de servir de l’information non vérifiée, et votre ton n’engage pas à la discussion : si j’avais commis une erreur, il y avait d’autres façons de la signaler.

      Concernant les huiles non siccatives, elle sont effectivement employées pour réduire les tensions mécaniques du bois, notamment aux endroits très sollicités, comme aux alentours du tube de registre par exemple, mais les bois sont tout de même traités à l’huile de lin pour les protéger de l’humidité, ou à tout le moins faire en sorte que les vitesses d’absorptions soient les mêmes à l’intérieur et à l’extérieur de la perce.

      Eric

      • Salut Eric , je viens de retrouver mes notes concernant justement le traitement des corps de clarinettes (mib ,sib ,la) chez selmer ,alors je te les confis tel quel :
        D’apres ce cher Bernard (la plus belle collection de Tshirts de johnny et de chien loup de tout Mantes-la-ville !)titulaire du poste ,les corps subissaient un bain d’huile de lin à 50°(pour la fluidité je suppose ),à 8 bar de pression pendant 12 h .Puis s’ensuivait un bon égouttage et un sechage au four à 35°avec une hygrometrie de 40% pendant 96h .
        Je ne sais si ce traitement ou ces chiffres sont extrapolable au bambou ...corbiniou ,d’corbiniou ,d’corbiniou ...

        • Yep, merci Philippe, ça confirme donc bien, et de façon détaillée, ce que j’avais déjà entendu dire sur leur façon de procéder. C’est marrant parce qu’en revanche d’autres fabricants procèdeent complètement différemment : j’ai entendu parler de cire ou de paraffine par exemple...

          Mais ceci dit, pour mes instru en bambou j’opte pour une approche un peu similaire à celle de selmer : une huile siccative (huile de tung dans mon cas, mais je voulais tester l’huile de lin aussi). Sans tout le bignouf de bain à 40° et 8 bars de pression bien sûr ...

    • Je viens de relire votre message et je me rends compte que vous faites une bien curieuse interprétation de mes propos (nonobstant le fait que je confirme l’utilisation de l’huile de lin par les facteurs d’instruments à vent actuels) :

      À aucun moment je n’ai conseillé à quiconque de passer son instrument (clarinette, hautbois, flûte, ou autre) à l’huile de lin. Dans cet article, d’une part je parlais de ma propre expérience sur mes propres réalisations en bambou, d’autre part je visais à une meilleure compréhension des phénomènes de fente du bois en général. En aucun cas je n’ai tourné cet article de façon à ce qu’il passe pour un conseil à appliquer sans connaissance supplémentaire.

      D’ailleurs j’ai toujours deux questions en suspens, avis aux esprits éclairés :
      - après ce premier traitement réalisé par le facteur, est-il envisageable de réitérer le même traitement plus tard dans la vie de l’instrument ? Je n’en sais rien.
      - qu’y a-t-il dans ce que les luthiers appellent « l’huile de perce » ?

      Eric

  • Bonjour Eric
    J’ai lu ton article sur les huiles et il est, à mon avis, très bien fait.
    J’ai commencé moi même à huiler mes flûtes avec l’huile d’amande douce ; je l’ai abandonnée assez vite car, avec l’humidité il se formait un mélange épais (pour imager, ça ressemblait a l’huile de voiture quand le joint de culasse a rendu l’âme).
    Mais je voudrais ajouter que j’avais entendu un luthier de renom préconiser l’utilisation de l’huile d’amande douce à laquelle il rajoutait, je crois, de l’essence d’orange. Mais sa démonstration ne m’avait pas convaincu . (le fait d’être un Pro n’est pas toujours gage de vérité.. vrai)
    J’ai essayer l’huile de lin, j’en été content (jusqu’au moment ou j’ai lu ton article).
    Donc je voudrais essayer cette huile d’abrasin, de tung ou autre tong ou huile de bois de chine.
    J’ai vu que tu l’avais essayé sur ton dernier instrument. Quelles sont tes conclusions ? Où t’es tu procurer ce nectar ?
    Pour ma part J’ai trouvé une publicité d’un produit vendu sous le nom d’huile de bois de Chine au prix de 24 euro le litre.
    N’étant pas certain qu’il s’agisse de l’huile d’abrasin j’hésite à l’acheter.
    Un salut depuis Biarritz
    michel

    • Bonjour Michel

      L’utilisation de l’huile d’amande douce dans un traitement initial visant à créer une barrière à l’eau de condensation est effectivement à roscire puisque cette huile ne siccative pas ! Tous les fabricats de clarinette par exemple font ça (J’insiste un peu lourdement à cause du message agressif qu’il y a un peu plus bas).

      Maintenant, il est vrai que les luthiers conseillent l’utilisation de l’huile d’amande douce mais ce n’est pas du tout pour le même usage !! Passer un peu d’huile d’amande douce dans un instrument neuf par exemple servirait à prévenir les fentes en faisant en sorte que les fibres du bois « glissent » mieux les unes par rapport aux autres. Notamment faire ça aux endroits ou du métal traverse le bois (le tube de registre de la clarinette par exemple ) aiderait à atténuer les contraintes. Dans ce cas il est parfaitement normal qu’on ne veuille pas utiliser d’huile siccative ! Il faut même des huiles totalement non siccatives, telle l’huile d’amande douce (m’est avis qu’on devrait même essayer l’huile de camelia dont l’indice de iodine est encore plus faible).

      Voila pour la petite mise au point.

      L’huile de lin pour ton usage peut peut être convenir (cf les fabricants d’instruments tels selmer qui l’utilisent précisément pour ça).

      Personnellement j’utilise maintenant l’huile d’abrasin (ou huile de tung) uniquement. Le gros avantage : elle siccative en 72h en gros, pourvu qu’il y ait de la lumière dans la pièce. Et depuis que j’utilise cette huile aucun de mes instruments en bambou ne s’est fendu.

      Pour en trouver :
      http://www.dick.biz/
      Il y a une version anglaise du site, et ils expédient en france sans problème. Je ne me rappelle plus des prix mais de tête il me semble que c’était moins cher que ce que tu me dis.
      Fais attention, ce site est un piège à porte monnaie : ils ont des outils à travailler le bois absolument magnifiques !

      Voili voilou

      Eric

      • Merci Eric pour l’info.
        J’ai trouvé une doc sur l’huile de bois de Chine chez ’’HM diffusion’’Il font de la vente d’outillage bois par correspondance et comme tu le dis c’est vraiment un piège à porte monnaie.

        Je suis membre de l’association des txistularis du pays basque (http://www.txistulari.com/), et celle-ci édite une revue trimestrielle. Elle est éditée en basque et en espagnol pour la plus grande majorité des articles. On y trouve des partitions, des infos sur tout ce qui touche de prés ou de loin notre flûte à trois trous.
        Et ton excellent article sur les problèmes de fentes et éclatement y trouverait sa place. Pour les quelques cent francophones abonnés à cette revue je pourrai leur donner le lien de ton article mais pour les deux mille hispanophones restants, me donnerais-tu l’autorisation, en te citant bien sur comme étant l’auteur de cet article,de traduire en espagnol la totalité de cet article (ou d’en faire un long résumé)et pouvoir l’éditer dans cette revue ?
        Un grand bravo pour tes travaux.
        Un salut depuis Biarritz
        Michel Idiart

        • Oui bien sûr, tu peux traduire cet article, je n’y vois aucun inconvénient. N’oublie pas de citer mes sources aussi (elles sont en début d’article).

          Une petite correstion à mon précédent message (j’ai tapé u peu vite ...) :
          Quand je dis : « Tous les fabricants de clarinette par exemple font ça (J’insiste un peu lourdement à cause du message agressif qu’il y a un peu plus bas). »
          Je voulais dire que pour le traitement initial du bois ils utilisent une huile siccative (l’huile de lin en l’occurence, enfin chez selmer en tout cas c’est l’huile de lin).

          Mais phrase était mal tournée et on aurait pu penser que je disais le contraire.

          Sinon assure toi bien que l’huile de bois de chine de HM diffusion ne contient que de l’huile de tung pure, qu’il n’y ait pas dedans une cochonnerie genre siccatif à base de métaux lourds ...

          Celle de chez Dick dont je t’ai donné l’adresse dans le précédent message est vraiment pure et pas chère, j’ai retrouvé le prix : 16€ le litre (référence No. 705286 de leur catalogue). Même avec les frais de port ça vaut le coup

          Eric

  • Bonjour,

    Très bonnes recommandations tratiques et techniques, ce la va me permettre de ne pas faire d’erreur ( on m’avait recommandé de l’huile d’amande douce) pour huiler un Nay égyptien ( bien sûr en bambou ),

    Encore merci, et vive le bambou, sans fente !

    Christian

  • Merci Eric
    pour tes explications encore une fois très exhaustives.
    En effet l’huile d’amande douce n’est pas une solution contre l’éclatement,
    elle est pourtant très souvent conseillée pour l’entretien d’une flute -en bambou- notamment
    (c’est à dire qu’il faut en mettre un peu régulièrement) mais c’est juste pour empêcher les moisissures de s’installer.
    L’huile de Lin est à proscrire : beaucoup trop épaisse. c’est bon pour la menuiserie pas pour la lutherie.
    En effet l’huile de perce la plus couramment utilisée est la fameuse huile de Tong (Tung oil en anglais)
    qu’on peut trouver notamment sur le site de « dick tools » fournisseur d’outils et matériaux de qualité (pour la lutherie notamment).

    Pour les ney (qui sont en roseau je le rappelle et non pas en Bambou), Hanefi Kirgiz un grand facteur de ney turc
    avec qui j’ai fais un stage cet été, n’utilise que l’huile de sésame. un Ney doit être huilé très régulièrement (il ne doit jamais être complètement sec).

    Les japonais, pour la perce du shakuhachi, utilisent une laque spéciale du nom « d’Urushi » dont l’intérieur de l’instrument est enduit.
    L’usage de laques (telles que la gomme laque par exemple) appliquées à l’extérieur de l’instrument prévient aussi des micro fissures qui peuvent apparaitre avec le temps sur le bambou.

    Les ligatures préviennent aussi des fentes.

    De manière générale, toutes les flutes en bambou et roseau sont à huiler régulièrement surtout pour la qualité du son plus que pour protéger le bois.

    voila mes infos et constatations de mon humble expérience.

    toma
    flutes du monde en bambou
    www.flutes-en-bambou.com

    • Salut.

      Merci pour tes compléments d’info, c’est très instructif. L’huile de sésame pour les ney je ne savait pas notamment. C’est donc une huile semi-siccative.

      Pour l’huile de lin je suis moyennement d’accord avec toi : elle est utilisée par les fabricants de clarinette par exemple, donc elle n’est pas à proscrire pour la lutherie (la maison selmer l’utilise : les corps sont passés dans un bain d’huile de lin chaud sous pression, l’info est sur leur site).

      La gomme laque je l’utilsie personnellement pour l’extérieur des pavillons en coloquinte : diluée à 20% dans de l’alcool ça fait un excellent verni.

      Eric

  • BONJOUR,
    ma question n’est pas sur les problèmes de fentes je me débrouille très peu mais j’aime beaucoup le bambou j’ai un très vieux salon en bois d’une trentaine d’années et je souhaitrais lui redonner un peu de fraîcheur avec le bambou les prix sont très exagérés je n’est pas les moyens pour en acheter mais je vous avous que j’aime créer pour embellir ma maison c’est une sorte de thérapie que pouvez vous me conseiller ?? et m’aider mon salon est vieux certe mais je n’est pas envie de m’aventurer et l’abimer .
    MERCI de me répondre à bientôt

    • Bonsoir

      Désolé pour le retard de la réponse, j’étais absent.

      Difficile de vous répondre. Il faudrait savoir comment le bambou a été traité au départ pour pouvoir refaire le même traitement, ou du moins quelque chose d’identique.

    • Bonjour à tous ,

      Aprés avoi lu ces données tres instructives sur les phénomenes physiques en cause, voici ma question :l’ huile de perce pour bois de chez Yamaha dite«  » bore oil«  » est elle fiable pour une flute pan ( bambous dits« du Tonkin »,flute de marque Skanhey)de quoi est elle composée ???Je l’ utilise dejà sans probleme pour ma clarinette,je ne voudrais pas prendre de risques, le vendeur me recommande de l’ huile de paraffine sans autre précision.

      Merci ,
      Cordialement ,

      Georges ( passant occasionnel )

      • Additif à mon précédent message : je viens de faire l’ acquisition , non encore reçue, d’ une flute Skanhey , 31 tubes gauchère sur demande, aprés échanges avec le représentant de la Manufacture , la recommandation est formelle : utiliser exclusivement de la paraffine absolument pure , on la trouve en France dans le commerce sous appellation vaseline extra pure , inodore , incolore marque Degrip-Oil. (huile minérale paraffinique extra fine)
        Pour rester dans l’ esprit de ce topic il faut créer une barrière , donc si à la réception , la flute est brute , non vernie , je me propose dans un premier temps de la vernir, gomme laque dilution alcool ,avec la faculté de colorer le vernis transparent petit truc : j’ utilise quelques gouttes d’ encre d’ imprimante, se dilue parfaitement dans le vernis alcool, permet de voir les veines du roseau ) , puis ensuite à l’ intérieur protection paraffine , laissant quelques jours à l’air avant utilisation , ainsi une double barrière est créée externe, contre la transpiration des mains et interne contre la condensation .D’autre part le bons sens amène à exclure les huiles végétales , terrain corruptible biodégradable , champignons , microbes etc ....Cependant nombre de flutistes de renom utilisent l’ huile d’ amande ...pour une question de sonorité et non de protection ...???
        La flute donc en bambou dit du Tonkin , cultivé apparemment au Japon , restera stable espérons le , et protegée sur ses deux faces. Le vendeur en Allemagne ,est joignable sur eBay.Utiliser un traducteur en ligne.

        • Bonjour.

          Désolé pour le retard de réponse.

          Je sais qu’effectivement la paraffine ou huile de vaseline est parfois employée. Je pense que c’est plus pour éviter les tensions dans les fibres du bois / roseau / bambou lors du passage du souffle humide. J’ai du mal en revanche à comprendre comment la paraffine peut créer une barrière puisque cette huile n’est pas siccative J’ai plus l’impression que cette approche vise à saturer les fibres d’huile et donc ne pas laisser de place à l’humidité en quelque sorte.

          Plus ça va plus j’ai l’impression qu’il y a deux approches différentes du problème : barrière (huiles siccatives, tel le lin ou le tung) ou saturation (huiles non siccatives et très fluides, comme la paraffine).

          Eric

      • Il est très important de ne pas le bambou absorbe l’eau sous forme de cohérence se pose lorsque le jeu a été forcé. L’huile de paraffine de la apothekte est ordonné que les produits de soins de bambou, il peut ne pas les résines et les non-adhérents. de l’huile de paraffine est également faible odeur. Il paraffine dans le liquide pharmacie minces et épaisses, àla fois pour les soins de leur flà»te de pan idéal.

        Skanhey Panpipes Manufacture

  • Bonjour... 23 décembre 2010 16:09

    Je participe à l’organisation d’une semaine consacrée à l’utilisation de l’arundo donax/canne de provence pour la fabrication d’instruments à vent et je voudrais vous contacter directement... Auriez-vous une adresse mail à me transmettre ?
    Maquin Sophie
    Le Chant du Roseau

  • Bonjour.

    J’ai beaucoup appris en lisant vos analyses ainsi que les points de vue échangés sur votre site et je vous remercie pour ce partage gratuit du savoir et de l’expérience.

    Bien que je joue aussi de la musique (surtout à la guitare), mon intérêt pour le bambou est plutôt celui de l’ébéniste. À cet égard, je n’ai pas d’autre réponse à proposer à la question du fendillement mais plutôt une piste de recherche. Il y a probablement des milliers d’espèces différentes de bambou. N’y en aurait-il pas certaines qui résistent mieux que les autres aux changements d’hygrométrie ? Par exemple, quelle espèce ou quelle variété est la plus utilisée pour fabriquer les flûtes au Japon ou en Inde ? Et quelles sont les possibilités de se procurer différentes essences de bambou ?

    Si je peux dénicher certaines informations pertinentes à cet égard, je me ferai un plaisir de les partager avec vous.

    Denis Blondin
    Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans

  • Bonjour, moi cela n’a rien a voir avec les instrument mais j’ai actuellement un lit baldaquin en bambou et depuis quelques temps il fissure de jour en jour et on entend le bois éclaté souvent que faire ? merci

    • Bonjour.

      Si le processus a commencé je ne sais pas trop si un traitement à l’huile sera efficace.. Tentez tout de même : passez de l’huile de lin sur le bambou (idéalement il faudrait en passer dedans aussi mais j’imagine que dans votre cas c’est impossible).

      Le seul problème pour vous est qu’il faut laisser sécher ensuite pendant plusieurs jours, et pour un lit ce n’est pas nécessairement évident...

      Eric

      • Bonjour,
        Musicien professionnel (clarinettes, harmonicas et flutes ethniques) , je fabrique depuis quelque temps des shakuhachis -flute à encoche traditionelle du japon-
        le type de bambou utilisé traditionellement est du Madaké (phyllostachys bambusoides Sieb. et Zucc) un bambou très épais que l’on trouve aussi en Chine...et depuis plusieurs siècles également en Europe , Amériques... j’ai récemment fais une vingtaine de shakuhachis avec un de ses cousin d’une bambouseraie privée Française...les qualités acoustiques sont similaires -de toute manière le matèriaux n’est pas très déterminant dans le son, c’est la perce qui compte- ... en ce qui concerne le huilage j’utilise l’huile de tung et je ligature les flutes : au dire d’un grand fabriquant de shakuhachi-John kaizan Neptune- avec lequel j’étais en stage cet été 70% des chaumes finissent par fendre : et pourtant il récolte ses chaumes lui-meme, au japon depuis plus de quarante ans ! la technique de ligature est assez simple...reste à acheter le bon fil nylon : en ce moment je teste du fil de pèche à silure, de résitance de + de 20kg....
        bref il semblerait qu’un bambou à de fortes chances de fendre sur la durée..
        dans le cas de flutes , le sèchage après jeu, un bon huilage, éviter les expositions au soleil ou près de clim/radiateurs diminueront se risque...comme de surveiller l’hygropmètrie : j’ai une vitrine fermée pour mes shakuhachis de scène avec simplement un bol d’eau...et je les déplaces dans un sac plastique étanche...
        sinon je ligature très sèré toute la flute (6 à 10 ligatures par flute)
        voilà ma réponse est plus générale à cette jolie discussion documentée...c’est d’ailleurs ici il y a 2 ans que j’ai découvert l’huile de tung : merci à Eric !
        Cordialement
        Jean-luc peilhon

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