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un peu de chaudronnerie.

restauration d’une clarinette en métal Noblet

Le 26 Haha 134 - Commémoration du Cure-dent , par EricW

Bon, c’est un peu débile mon affaire là. Il aurait fallu que je fasse des photos avant restauration pour qu’on ait une idée du travail réalisé. Du coup pour le « avant », vous serez obligés de vous fier à ma description.

AJOUT DU 04/04/2007

CET INSTRUMENT M’A ÉTÉ VOLÉ LORS D’UN CAMBRIOLAGE LE 22 Mars 2007. il porte le numéro 9082. Si vous le croisez, merci de me prévenir.

De plus, ce même jour, m’ont été dérobés :
- une clarinette selmer odysée sib n° N09104 avec un bec B45 profil 88, ligature Lebayle en bois sans vis, étui selmer,
- une clarinette basse Malerne descendant au mib, pas de n° de série, avec un bec pomarico jazz * cristal, une ligature BG, un cordon ligaphone, étui selmer (instrument pas courant, donc repérable).
- une clarinette métal cundy bettoney 3 star démontée, n°AN3162, sans vis si clefs (c’est moi qui les ai encore ...), étui gris, en cours de restauration (corps partiellement repoli).

Avant

L’instrument restauré ici est une clarinette en métal Noblet, une des dernières produite par Noblet (N°9XXX). Elle est chromée. Elle a aussi subis deux sévères avanies :

- le corps est plié, grosso modo à partir du trou du sol# grave. Quand on regarde la clar de face, pavillon vers le bas, celui ci part vers la droite de plusieurs centimètres.
- Le corps a été coupé en dessous du tenon du barillet. Un tenon provenant vraisemblablement d’un autre instrument (métal plus épais) a été brasé à l’étain (et à l’arrache), avec un « renfort&nbsp » de laiton (une plaque d’environ 0,5mm d’épaisseur entoure cette réparation).

Les tampons sont neufs, mais en baudruche (j’y reviens ensuite). La mécanique est très saine, indiquant que l’instrument a probablement été très peu joué avant d’être accidenté.

Une fois le traditionnel démontage / nettoyage effectué, la première opération a été de dessouder le tenon pour le ressouder ultérieurement, puis je me suis attaqué au décintrage du corps.

Décintrage du corps

Pour cela, ne disposant pas de mandrin adéquat, j’ai utilisé le montage décrit dans la première figure.

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Montage utilisé pour le décintrage.

J’avoue que ce genre d’opération demande pas mal d’abnégation, et on se demande si à l’arrivée on ne va pas obtenir un tuyau coudé dans l’autre sens à 90°. Mais bon, comme le montre cette photo, visiblement, ça a marché.

Quand une clar est peu cintrée, on évite de la décintrer car toute la mécanique a « pris le pli&nbsp », elle s’est adaptée. Décintrer uen clarinette (ou un sax ...) nécessite donc ensuite de reprendre toutes les boules supportant les clés situées dans le voisinage de la pliure, car les tringles et les charnières d’articulation des clés ne s’adapteront plus correctement.

Ici, je pouvais difficilement éviter de la détordre. La pliure était trop inportante. Du coup, quasiment toutes les boules supportant les tringleries des clés du registre chalumeau ont été réalignées. Ce fut long ... et douloureux : d’une part le métal utilisé chez Noblet est très dur, d’autre part tout se fait par petites touches : détordre, présenter la clé, détordre, etc. jusqu’à ce que la clé se présentre parfaitement entre les deux boules, et que la coupelle arrive bien alignée sur la cheminée correspondante. Mais au final cela valait la peine : la mécanique est maintenant parfaitement réalignée, les coupelles de tampon se présentent de façon bien concentrique aux cheminées, c’est quand même plus propre, et ça promet un retamponnage plus simple.

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La clar terminée, dans son ensemble.

Brasage du tenon

L’opération suivante a été de braser proprement le tenon sur le corps. Le danger principal était que la température de chauffe risquait de dessouder les cheminées des trous situés à proximité (le trou de registre surtout) car généralement, les cheminées sont brasées à l’étain, dont le point de fusion est bien en dessous de celui de la brasure à argent (j’utilise de la brasure à 40% d’argent). Finalement, rien n’est tombé, ce qui porte à croire que les cheminées ont été brasées à l’argent. J’avais tout de même essayé de protéger au maximum la cheminée du trou de registre en la badigeonnant abondament de flux à braser, celui ci absorbant la chaleur.

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le tenon ressoudé
la soudure a été reprise à la lime pour l’esthétique. Idéalement, un petit coup de placage finirait de redonner un coup de neuf.

Avant de ressouder, j’ai légèrement raccourci le tenon, la clar m’ayant été donnée comme étant trop basse. Le résultat est satisfaisant mécaniquement et esthétiquement (surtout si on ne regarde pas de très près comme sur la photo ci-dessus).

Dernières opérations

Il ne restait plus alors qu’à changer éventuellement certains ressorts, (ce que je n’ai pas fait, mais je le regrette, il y en a un que je vais finalement changer), régler les jeux (très peu à faire, la clar était dans un très bel état mécanique), et retamponner.

Concernant le retamponnage, j’ai décidé de tout faire en liège, sauf pour les quatre plus gros tampons pour lesquels j’ai utilisé du cuir, de façon à avoir un tamponnage qui dure, et qui qui soit « tout temps ».

Quelques photos pour finir, sur lesquelles on voit notamment les tampons en liège et en cuir.

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Corps du bas
tamponné en cuir.
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corps du haut
tamponné en liège.
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